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 Rencontre Imprévue et Découverte Fortuite [feat. Abyssoune]

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Eliott Dinescu
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MessageSujet: Rencontre Imprévue et Découverte Fortuite [feat. Abyssoune]   Ven 20 Avr - 23:52

Rencontre Imprévue et Découverte Fortuite


PV.
Abyss No Awa
Eliott Dinescu


Shrr, shrr, flap, flap, flap, shrr, BOUM !

Grognement ; brouillard complet. Lente ouverture de paupières lourdes ; interrogation. Vague sensation de froid sibérien sur la face ; concentration. Et, perfidement, une douleur aiguë, intense, dans tous les membres ; réalisation.



« FUUUUUUUUUUUUUUUU’ ! »


Mal. Il avait mal. En plus de ne pas être matinal, il avait mal.

Eliott s’extirpa lentement et avec toute la précaution du monde de la camisole de draps qu’il avait créée la nuit durant, en retenant de troublants mi- gémissements, mi- grognements dus aux élancements dont son corps encore engourdi était parcouru, et se laissa lascivement choir à côté, son dos nu étendu sur le sol glacé. Uniquement vêtu d’un vieux caleçon de tissu vert, et cherchant vainement la raison de sa présence ici – en l’occurrence affalé par terre –, le froid s’insinua petit à petit à travers sa nuque dans son esprit qui recouvrait ses capacités avec une lenteur d’escargot.

Et merde, il s’était encore trop agité en dormant. En plus, il ne se souvenait même pas de son rêve, comme toujours d’ailleurs. Ils devaient pourtant être marquants, non ? A le faire se rouler dans tous les sens comme ça. Ç’en devenait frustrant à la fin. Eliott regarda ce qu’il pouvait autour de lui sans se casser la nuque et fronça les sourcils. OK, il était dans une chambre qu’il ne reconnaissait pas. Ce n’était pas bon signe d’ordinaire. Quoique. Hmm… Ah. Si, il se souvenait, il se trouvait dans ce ***** de pays bizarroïde et on lui avait attribué cette maison automatiquement. Comme ça, magie. Sur le coup, il avait un peu eu l’impression d’avoir gagné à la loterie. « Et à notre heureux gagnant de ce mois-ci, nous offrons avec grande joie la MAISON DE SES RÊVES ! » Mais il avait vite déchanté. Apparemment, il était plus que fortement déconseillé de sortir la nuit. Du coup, une certaine Duchesse donnait des maisons aux arrivants pour leur protection. Pas que cette règle ne gênait pas Eliott, mais il ne s’en plaignait pas pour autant : mieux vaut rester seul qu’être mal accompagné, ne dit-on pas ?

Il fallut plusieurs minutes à l’énergumène pour réunir l’énergie et la volonté suffisantes – et Dieu sait qu’il lui en fallait beaucoup, bien que la fraicheur du parquet aida – pour bouger sa carcasse flasque de mollusque terrestre et ôter son derrière du sol avant qu’il n’en reste une marque incrustée dans le bois. Après quelques pas titubants, il parvint à retrouver une sorte d’équilibre et se campa sur ses deux pieds. Une grande inspiration et il s’étira de tout son long, levant les bras bien haut au-dessus de sa tête et se rehaussant sur la pointe des pieds. Des craquements désordonnés résonnèrent dans la chambre étroite. Chevilles, genoux, bassin, dos, épaules. Des orteils aux doigts. Tout y passa. Ceci finit, le jeune homme s’ébroua et se dirigea vers la cuisine d’un pas plus certain, les pensées déjà plus éclaircies, pour y continuer son rituel matinal.

Ledit rituel continuait par la méticuleuse et sacrosainte préparation du café.

Il avait réussi à en trouver – ô chance divine – sous la forme de poudre, dans la petite boutique où chaque habitant du village non rémunéré pouvait se procurer ce dont il avait besoin sans avoir à payer. Gratuitement. GRATUITEMENT, quoi, merde ! Il avait dû se faire violence pour ne pas être le malheureux, et très solitaire, orchestrateur de la Rafle des Produits de Survie. Bon. Il s’était quand même servit assez abondamment. Et il avait même pu y trouver un vieil entonnoir en métal, et casseroles et poêle grossièrement modelés mais qui lui serviraient très bien. Il était maintenant dans sa cuisine –ou ce qui lui servait de tel en plus de salle à manger et de salon, la pièce principale de la maisonnée pour faire court – à se féliciter intérieurement de ses trouvailles, même si tous les habitants devaient certainement bénéficier des semblables commodités. Maintenant qu’il avait découvert sa très étrange et très perturbante ‘aptitude’, il pouvait enfin se préparer son breuvage matinal sans avoir à le faire bouillir cinq fois de suite. Gain de temps des plus appréciables.

Rapidement, Eliott alluma le poêle qui trônait dans un coin de la pièce et posa dessus une casserole emplie d’eau. Il attrapa ensuite une feuille de papier qui traînait sur la table à manger et commença à la fixer avec en tête la texture d’un papier filtre. Il ne savait pas encore très bien comment fonctionnait ce truc, alors il se la jouait un peu pause du ‘super-héros’ doté de son ‘super-pouvoir’. Ridicule, mais au moins ça marchait. Et ce n’était pas mauvais pour son ego. Au bout de quelques instants le papier devint translucide et prit la forme désirée. Satisfait et pompeux, le malabar plia soigneusement le papier en quatre, le glissa dans l’entonnoir, y versa quelques cuillères de mouture et posa le tout sur un grand verre, histoire de laisser de la place pour le café.

Pendant que l’eau chauffait, il passa à la salle de bain. Il était temps pour la douche.

C’était rudimentaire, mais pas préhistorique. Un bac en porcelaine collé au sol et troué d’une bouche d’évacuation, deux panneaux de bois, une embouchure en haut. Il semblait qu’une sorte de bombonne, un récipient de métal géant, qui se remplissait automatiquement était chauffé en permanence par une espèce de feu apparemment ‘magique’, permettant aux utilisateurs de bénéficier d’eau chaude quand bon leur semblait. Une tirette plus ou moins forte sur une ficelle qui se trouvait dans la cabine et l’eau se déversait plus ou moins rapidement par l’embouchure. Eliott y resta une bonne dizaine de minutes, puis décida que ses neurones étaient assez désengourdies. Il se sécha rapidement et enserra sa taille de moustique – oui, oui, de moustique j’ai dit – de la serviette encore humide.

Dans la cuisine, l’eau était prête. Eliott chopa la casserole par son manche de bois et versa le liquide bouillant dans l’entonnoir, sur le café. Il n’avait plus qu’à attendre quelques minutes que le breuvage soit entièrement distillé. Ce rite commençait à devenir une habitude et le jeune homme se laissait de plus en plus guider par ses automatismes ; il retourna dans sa chambre.

Ironiquement ou pas, il venait à peine d'emménager que cette pièce était déjà un capharnaüm monstre. Cinquième dimension dévastée. Tohu-bohu apocalyptique. Bref, le bordel.
Eliott soupira. Il remit les draps bouchonnés par terre sur son lit – sans les déplier davantage, bien évidemment –, et partit en quête de vêtements.
Lorsqu’il revint dans la salle maîtresse, paré sommairement d’un bermuda souple kaki et d’un débardeur bordeaux trop large, la boisson des dieux – après le vin – était prête.

Il posa son attirail de côté et s’empara du verre plein à présent d’un liquide brun. Un soupçon de sucre pour faire passer le goût un peu revêche. Ça restait en effet du café concocter au petit bonheur la chance : jamais vraiment la même saveur, souvent trop fort et pas bien distillé. Dégueu en soit. Mais, pour Eliott, c’était mieux que rien.

Son rituel était sur le point de s’achever.

En vitesse, il attrapa un bouquin au hasard dans sa pile des ‘non lus’, ses lunettes, ainsi que son paquet de clopes et sa dulcinée la boîte d’allumettes, et sortit par la porte d’entrée.

« Paquet de clopes ?, me direz-vous. Hin hin, nan nan, pas possible. Y’a pas d’ça dans ce pays. Erreur, erreur ! Compréhensible, mais pas excusée. »

Eh bien, sachez qu’en tant que drogué, ou tout du moins dépendant du bâton de cancer, ce bonhomme à la touffe verte a fait des pieds et des mains pour réussir à s’en procurer. Ou alors, il a tout simplement demandé au fameux Boutiquier qui sait tout, voit tout et possède… de tout. Évidemment, ce ne fut pas facile. Déjà que notre garçon a du mal à supporter cet exalté de la devinette, allez l’imaginer lui demandant un service et se voyant octroyer d’un rébus sans queue ni tête lui donnant plus envie de répondre avec ses poings qu’autre chose. Mais il sut se contrôler et obtempérer. Tant et si bien qu’à la fin, il put enfin profiter de son dû. Et croyez-moi lorsque je vous dis : il est bien décider à en savourer chaque milligramme et chaque instant pendant lequel il use de ce milligramme aussi parfaitement qu’il puisse ce faire. Mais revenons à nos moutons.

Pieds nus contre le sol froid, Eliott s’avança sous son porche de bois. Les lattes craquaient sur son passage, comme bougonnant d’être ainsi réveillées. Une œillade par-delà le toit de l’abri lui indiqua que le départ de la course du soleil n’avait été lancé que depuis peu. Il devait être dans les environs de huit ou neuf heures. Quelque chose comme ça. Eliott n’était pas vraiment doué pour ce genre de déduction. Il était tôt en tout cas. Plus tôt que ce dont il avait l’habitude.



« Pff, f’chier. Putins de rêves àlacon. », bougonna-t-il sans grande conviction.


Sous le modique porche qui embrassait sa nouvelle maison se trouvaient une petite table de bois ronde conversant avec une chaise courte de la même apparence. Le jeune homme y plaça ses lasses fesses et posa sur la table son armada du parfait petit déjeuner, comme tel le considérait-il, ainsi que ses pieds. Souplement, empli du bonheur serein que tout envieux ressent lorsqu’il touche du doigt l’objet de ses attentions, Eliott se saisit d’une cigarette et, d’un geste sec et précis, l’alluma. La fumée se répandit dans ses bronches comme une gâterie fondant dans la bouche. La vapeur lui monta à la tête ; un coup d’adrénaline, mais avec les effets inverses. D’un coup, tous ses muscles se relâchèrent. Son corps était un légume cuit à la vapeur. Un sourire béat vint étirer ses lèvres entr’ouvertes. Doucement, il recracha la divine volute, comme s’il rechignait à s’en séparer. Satisfait, il s’apprêta à tirer une deuxième bouffé sur ce cadeau empoisonné.

Mais un mouvement au coin de son œil attira son attention.

Agitation, bruits. Ondoiement véloce de rouge pétaradant.

Il tourna la tête vers la maison jouxtant la sienne par la droite et… tomba sur quelque chose à laquelle il ne s’attendait pas. Vraiment pas. Pas par un frais matin de printemps – ou pas. Pas alors que tout semblait se dérouler parfaitement pour lui – c’était-à-dire sans personnes, sans bizarretés et sans effusions de bruit. Pas pendant son petit plaisir perso’. Et ce quelque chose remplissait tous les cas. Un quelque chose d’horrible, mais d’ironiquement tordant. Un quelque chose dont il se rappellerait certainement – et malheureusement ? – tout le reste de sa vie. Qui risquait d’être courte si le monde continuait mesquinement à vouloir lui faire avoir des attaques, comme maintenant.



« Mais fuckin’ WHAT ?! »


Spoiler:
 

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« You want to remember that while you’re judging the book, the book is also judging you. » , Stephen King

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